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Tableau de Dimitri Voevodsky

Ce qui frappe dans cette œuvre aussi abondante que personnelle, c’est à la fois la variété et l’unité de la démarche qui échappe à toutes les étiquettes qu’on serait tenté de lui accoler : abstraction lyrique ou géométrique, expressionisme abstrait, constructivisme, « nouvel impressionnisme », etc. Voevodsky pourrait souscrire à cette déclaration de Nicolas de Staël, une référence fondamentale pour lui : « … j’ai besoin pour me renouveler, pour me développer, de fonctionner toujours différemment d’une chose à l’autre, sans esthétique a priori ».

ce qui frappe, c’est à la fois la variété et l’unité de la démarche qui échappe à toutes les étiquettes

Mais qu’en est-il du jeu des formes et des couleurs ? Dans L’Arsenal, celui de Venise, la composition est claire : trois grandes zones se partagent l'espace du tableau : deux zones urbaines encadrent la partie jaune figurant l'eau.

En revanche d’autres œuvres s’orientent de manière décisive et tranchée vers l’abstraction. Dans Oiseaux, le peintre fait s’affronter des bleus, des jaunes et des blancs, dans la subtilité des accidents d’une matière confuse, travaillée et retravaillée où l’on peut deviner des ébouriffements de plumes à moins que ce ne soit la fièvre des « vols qui n’ont pas fui ».

Bernard Brugière

Tableau de Dimitri Voevodsky
la peinture de dimitri voevodsky est un champ de bataille

Qui peut dire celui qui va gagner ? Est-ce le peintre avec ses angoisses, ses colères, ses repentirs et ses doutes, ses joies, ses paysages intérieurs nimbés parfois de douceurs nacrées ou de zébrures rageuses et violentes, ou bien est-ce la peinture ? Il ne faut surtout pas démêler cet écheveau qui exprime le tableau dans sa totalité.

Voevodsky s'imprègne de la nature, la regarde, la dévore, la macère lentement en amoureux comme le sont les Slaves, la rumine et nous la restitue différente, inattendue avec les couleurs du souvenir.

Ainsi, Dimitri Voevodsky rejoint par son métier de peintre cette grande famille d’artistes qui demandent à l’amateur d’oublier toutes références aux idées reçues, leçons retenues.

Bernard Londinsky

Tableau de Dimitri Voevodsky
Tableau de Dimitri Voevodsky

Du combat des couleurs
Jaillit le cri d’un dieu
Cruellement blessé
À la prenante absence

Clartés douces et fortes
Pensivement associées
Puissantes enténébrées
Turbulentes et sacrées

Qu’éclatent de fortes pensées
Au creux des feux ardents
Et des lignes brisées

Éclats de pourpre et d’or
Flamboiement d’un grand dieu
À la prenante absence

Et voilà que chantent
Mille pétales incandescents

Michèle Sultana